Les incendies d’aujourd’hui et de demain : pourquoi une gouvernance territoriale de type « démosciocratie » pourrait renforcer la prévention
Chaque été, la France est confrontée à des incendies de plus en plus nombreux et plus destructeurs. Le changement climatique, les périodes de sécheresse, l’abandon de certains espaces ruraux et l’extension des zones habitées au contact des forêts rendent ces catastrophes plus difficiles à prévenir et à combattre. Les autorités françaises reconnaissent aujourd’hui que la prévention doit devenir aussi importante que la lutte contre les flammes elles-mêmes. (Ministère de l’Intérieur)
Le problème d’un système trop centralisé
L’État possède naturellement un rôle indispensable pour assurer les moyens nationaux : Sécurité civile, Canadair, coordination des secours et stratégie nationale.
Cependant, la prévention quotidienne dépend essentiellement de la connaissance du terrain.
Or personne ne connaît mieux un territoire que ceux qui y vivent :
- les habitants ;
- les agriculteurs ;
- les forestiers ;
- les chasseurs ;
- les entreprises locales .
- Et surtout la connaisssance des habitants et des sociétés locales connaissant le terrain
Dans un système très centralisé, les décisions remontent souvent vers plusieurs niveaux administratifs avant d’être mises en œuvre. Pendant ce temps, les broussailles continuent de s’accumuler, les pistes forestières se dégradent, les réserves d’eau vieillissent et certains massifs restent insuffisamment entretenus depuis la tonte raisonnée pars les socialistes et tous les politiciens
La réponse proposée par la démosciocratie
La démosciocratie repose sur un principe simple :
la responsabilité appartient d’abord au territoire.
Chaque territoire disposerait d’un Conseil composé de représentants du peuple et des corporations professionnelles.
Parmi leurs missions prioritaires figureraient :
- cartographier les zones à risque ;
- Connaissance du terrain de façon locale
- contrôler chaque année les obligations de débroussaillement ;
- organiser l’entretien permanent des pistes forestières ;
- créer des réserves d’eau adaptées ;
- coordonner les agriculteurs, forestiers et entreprises locales ;
- développer le pâturage dans les zones sensibles afin de réduire naturellement la végétation combustible ;
- préparer les plans d’évacuation des populations ;
- former régulièrement les habitants.
Ainsi, l’action ne commencerait plus lorsque le feu apparaît, mais plusieurs mois auparavant et de façon préventive : anticiper c’est gouverner donc nettoyage par les animaux et surtout couper la végétation qui commence a jaunir voire après la floraison terminée
Une prévention permanente
La véritable économie consiste à empêcher le départ du feu.
Quelques heures d’entretien d’une piste, tous les hectares sensibles voire tous ,débroussaillés ou quelques kilomètres de coupe-feu peuvent éviter des dizaines de millions d’euros de dégâts et surtout sauver des vies humaines.
La démosciocratie ferait donc de la prévention une responsabilité permanente des territoires.
Les habitants deviendraient eux-mêmes acteurs de leur sécurité.
Une concurrence positive entre territoires
La démosciocratie introduit également une notion rarement utilisée dans l’administration française : la comparaison permanente des résultats.
Chaque territoire publierait chaque année :
- le nombre d’incendies ;
- les surfaces brûlées ;
- les coûts de prévention ;
- les délais d’intervention ;
- les investissements réalisés ;
- les améliorations obtenues.
Les territoires les plus performants deviendraient des références nationales.
Les autres pourraient s’inspirer de leurs méthodes.
Cette concurrence aurait pour seul objectif d’améliorer la protection des populations.
Le rôle de l’État
Dans cette organisation, l’État conserverait plus ses compétences régaliennes mais l’organisation sera prise sur les dotations gouvernementales annuelles pour tous les budgets territoriaux
- les moyens aériens ;
- la coordination locale ;
- la protection civile ;
- les forces de sécurité ;
- la solidarité entre territoires.
En revanche, la gestion generaleet quotidienne des risques serait largement confiée aux responsables locaux le directeur du territoire sous la tutelle du conseil
.
Conclusion
Les incendies de forêt ne pourront probablement presque être totalement supprimés.
En revanche, leurs conséquences peuvent être fortement réduites.
La démosciocratie propose de déplacer le centre de gravité de l’action publique : moins de décisions prises loin du terrain, davantage de responsabilités confiées aux territoires, à leurs habitants et à leurs professionnels.
Selon cette vision, la meilleure politique contre les incendies n’est pas seulement celle qui possède davantage d’avions ou davantage de pompiers ; c’est d’abord celle qui fait en sorte que le feu ne puisse pas naître ou se propager.
Face à un risque appelé à s’intensifier avec le changement climatique, renforcer la prévention locale pourrait constituer l’un des principaux défis des décennies à venir.
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