
Ce que nous vivons en France n’est pas une exception. De l’autre côté des Alpes, la même colère monte. Et ce qui se passe en France et en Italie se passe, ou se passera, dans chaque pays du monde.
En Italie, la même colère
À Milan comme ailleurs, l’automne italien s’annonce agité : les mouvements de contestation se multiplient contre le coût de la vie, des carburants et du logement, mais aussi pour l’éducation, et certains manifestants disent vouloir faire « comme en France ». À Rome, Milan et Bologne, des étudiants ont planté leurs tentes en plein centre-ville pour dénoncer le coût de la vie et des études. Le 16 octobre, des marches contre le gouvernement ont eu lieu à Turin lors d’une journée baptisée « No Meloni Day ». Le lendemain d’une manifestation étudiante contre la vie chère, des jeunes se sont heurtés à la police à Milan, place San Babila. Il y a eu des vitrines brisées et des arrestations. Les transporteurs routiers italiens menacent même d’un blocage national à cause de la flambée des prix de l’énergie.
En France, la même liste
Chez nous, le mouvement est né sur les réseaux sociaux contre la hausse des carburants, s’est élargi à la vie chère, puis s’est cristallisé avec les manifestations lycéennes. Pour le 17 octobre, plus d’un millier d’actions étaient annoncées partout en France, du pompier au lycéen. Gilets jaunes, étudiants, agriculteurs, retraités, soignants : les revendications sont nombreuses, mais elles disent toutes la même chose. Ceux qui décident ne vivent pas ce que nous vivons.
Dans chaque pays, la même colère
Ces deux pays ne sont qu’un exemple. Dans chaque pays, les mêmes revendications reviennent : la vie chère, le logement, les salaires, les retraites, les études, les impôts, les services publics qui s’éloignent. Partout, la même cause : ceux qui décident ne vivent pas ce que vivent les peuples. Partout, le même mécanisme : entre deux élections, le citoyen n’a aucun moyen d’agir. Il ne lui reste que la rue, et la rue finit trop souvent dans la casse et les gaz lacrymogènes.
Les politiciens, ces princes des républiques, attendent que la colère éclate. Ensuite ils promettent, ils reculent ou ils envoient la police. Puis tout recommence.
La démosciocratie : anticiper au lieu de subir
La démosciocratie est faite pour tous les pays du monde. Chaque pays s’organise depuis sa base : le citoyen, les activités humaines, le district et le territoire. En France, cela donne 7 040 districts et 352 territoires de 20 districts. Chaque pays fixe ses propres chiffres selon sa population et sa superficie, mais la règle est la même partout. Voici comment elle met en place les solutions, sans heurts, et surtout comment elle évite les crises en les anticipant.
1. La colère est entendue avant d’exploser. Dans chaque district, un représentant du peuple et un représentant des corporations et activités sont tirés au sort, pour un an, dans le respect de la parité entre les femmes et les hommes. Personne ne peut être désigné de nouveau à la même fonction avant vingt ans. Le Conseil du Territoire, 40 membres, 20 du peuple et 20 des corporations, se réunit chaque semaine et recueille les besoins, les propositions et les difficultés des 20 districts. Un problème de loyers, de carburant ou d’école est connu dans la semaine, pas le jour de l’émeute.
2. Les décisions se prennent au plus près des gens. Chaque territoire reçoit une dotation calculée selon une même règle pour tous, fondée sur sa population et sa superficie, publique, simple et contrôlable par tous. Il reste maître de son utilisation. Il organise lui-même la sécurité, la santé, l’éducation, l’économie, la mobilité et la prévention. Il n’attend pas la capitale pour agir.
3. Ceux qui décident vivent ce que vivent les gens. Chaque Conseil du Territoire désigne parmi ses membres un représentant à la Chambre du Peuple et un représentant à la Chambre des Corporations et Services. Ces deux Chambres sont renouvelées chaque année par la base : elles ne forment jamais une classe politique permanente. Le chauffeur, l’agricultrice, l’infirmier ou l’étudiante qui y siègent connaissent les prix, les loyers et les fins de mois.
4. Les résultats sont mesurés, pas promis. Les territoires sont comparés selon la qualité de vie, la satisfaction de la population, la qualité des services, l’efficacité de la gestion, les économies réellement réalisées, le développement économique et humain, l’état des infrastructures et l’environnement. Les cinq meilleurs reçoivent une prime l’année suivante, sans rien retirer aux autres. Une dérive se voit dans les chiffres avant de descendre dans la rue.
5. Personne n’est intouchable. La direction nationale, une équipe de 24 personnes, présente son programme au peuple. Le vote se fait en un tour, les quatre équipes arrivées en tête sont retenues, puis les deux Chambres choisissent l’une d’elles avec au moins 75 % des voix. Elle peut travailler de cinq à dix ans, mais reste sous le contrôle permanent des deux Chambres, qui peuvent la révoquer. Le Directeur Général de chaque territoire est recruté pour ses compétences et peut être remplacé à tout moment. Une fonction existe aussi longtemps qu’elle est correctement exercée.
6. L’information circule dans les deux sens. Quand une décision nationale pose problème sur le terrain, l’information remonte immédiatement des territoires. L’Exécutif présente la difficulté aux deux Chambres et propose une solution ; les Chambres décident. On corrige avant que cela casse.
7. Moins de gaspillage, moins de prélèvements. L’administration est volontairement légère : tout organisme inutile ou en doublon peut être supprimé. Les prélèvements sont limités à ce qui est nécessaire aux missions décidées ensemble. Le numérique et l’intelligence artificielle contrôlent en permanence les flux financiers et réduisent les formalités pour les citoyens et les entreprises. C’est aussi une réponse directe à la vie chère.
Plus efficace que tous les princes des républiques
Un politicien gouverne en pensant à la prochaine élection. La démosciocratie gouverne avec ceux qui vivent les problèmes, chaque semaine, dans chaque district. Elle peut mettre en place les solutions sans heurts et, surtout, éviter les crises en les anticipant. Elle sera plus efficace que l’ensemble de tous les politiciens, ces princes des républiques.
La démosciocratie ne demande à personne de casser une vitrine pour être entendu. Elle donne à chacun, en France, en Italie et dans chaque pays du monde, une place réelle dans la décision.
Liberté — Égalité — Vérité.
Merci de vos commentaires
Mercidevoscommentaires