Plus de vingt. Plus de vingt candidats déclarés à la présidentielle, et jusqu’à 34 selon certains décomptes. Plus de vingt visages, plus de vingt slogans, et pourtant une seule chanson : « Votez pour moi, je vais tout changer. » Mais regardez d’où ils viennent.
Ils ont déjà eu le pouvoir. Gabriel Attal et Édouard Philippe ont été Premiers ministres. Bruno Retailleau a été ministre de l’Intérieur. François Hollande, président de la République, songe à revenir. Ils ont eu les clés, les ministères, les budgets. Qu’en ont-ils fait ? La dette a grimpé, les services publics se sont effondrés, les jeunes sautent des repas, les retraités comptent leurs euros. Le dernier budget de l’État en équilibre date de 1974. Aucun d’eux ne l’a rétabli.
Ils ont déjà échoué dans les urnes. Jean-Luc Mélenchon en est à sa quatrième tentative. Marine Le Pen a été candidate en 2012, 2017 et 2022, et la cour d’appel de Paris l’a condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l’affaire des assistants parlementaires. Fabien Roussel revient après une première tentative infructueuse en 2022. Nathalie Arthaud se présente pour la quatrième fois depuis 2012, après 0,56 % en 2022. Battus hier, ils reviennent aujourd’hui avec le même costume repassé.
Le grand théâtre des meetings
Regardez-les. Édouard Philippe a rempli l’Adidas Arena de Paris pour son premier grand meeting. Raphaël Glucksmann a tenu aux Docks d’Aubervilliers un grand rassemblement aux allures de meeting présidentiel. Gabriel Attal a promis une « démonstration de force » à Lyon. Bruno Retailleau a juré, à son premier grand meeting, d’aller « jusqu’au bout ». Marine Le Pen a lancé sa campagne dans la Sarthe malgré sa condamnation. François Ruffin a même transformé son meeting en « entretien d’embauche » avec le public.
Partout le même décor : la musique qui monte, les drapeaux qu’on distribue à l’entrée, les visages soigneusement choisis au premier rang pour la caméra, la phrase choc préparée pour le journal de 20 heures. Puis les lumières s’éteignent, les cars repartent, et le Français rentre chez lui avec les mêmes factures. On ne vous parle pas, on vous met en scène. On ne vous écoute pas, on vous appâte.
« Changer la Constitution » ? Oui, pour garder le même pouvoir
Certains vous promettent de toucher à la Constitution. Mélenchon veut une Assemblée constituante pour une VIe République. Marine Le Pen veut y inscrire la préférence nationale. Bruno Retailleau veut une profonde réforme constitutionnelle soumise par référendum.
Mais regardez bien : chacun change quelques mots, et aucun ne change la logique. Toujours un président élu d’en haut, toujours des partis, toujours des politiciens de carrière qui passent d’un mandat à l’autre. La Constitution change de vernis, le pouvoir reste dans les mêmes mains. Ils disent la même chose avec d’autres mots, juste pour vous faire voter.
Le nouveau candidat : la démosciocratie, à la serbe
Il y a quelques jours, la Serbie a montré qu’un autre chemin existe. Sans parti, sans chef, sans soutien des médias, la Liste étudiante a remporté les législatives, avec environ 140 sièges sur 250, et mis fin à quatorze ans de règne. Comment ? Des assemblées dans chaque faculté, puis plus d’une centaine d’assemblées de quartier dans tout le pays. Le peuple s’est organisé lui-même, et il a gagné.
C’est exactement ce que propose la démosciocratie. Son candidat n’est pas un homme : ce sont deux Chambres.
- La Chambre du Peuple : des citoyens ordinaires, désignés dans chaque territoire. L’étudiant, l’ouvrière, le retraité, le chômeur.
- La Chambre des Corporations : les métiers et les activités. Le paysan, l’artisan, l’infirmière, le chef d’entreprise, l’enseignant.
Ensemble, 720 Français de 14 à 100 ans, qui gardent leur métier et leur salaire, siègent deux ans et repartent, sans privilège ni carrière. Ils s’appuient sur 352 territoires et 7 040 districts : le pouvoir part d’en bas, pas de l’Élysée. Et rien n’est imposé : tout est décidé par référendum.
Ce modèle n’est pas réservé à la France : la démosciocratie s’adapte à chaque pays, à sa population et à sa géographie, avec les mêmes principes.
À vous de jouer
Plus de vingt candidats vous demandent votre voix. La démosciocratie vous demande votre place. Lycéens, étudiants, travailleurs, retraités, paysans, artisans : constituons ensemble la Chambre du Peuple et la Chambre des Corporations. Ce que la jeunesse serbe a fait, la France peut le faire.
Je n’ai pas de parti. Je ne roule pour aucun candidat. Je travaille pour ceux qu’on oublie entre deux élections.
Pour rejoindre les deux Chambres : jacques.rouchaud@me.com
LIBERTÉ — ÉGALITÉ — VÉRITÉ
Merci de vos commentaires
Mercidevoscommentaires