PRÉSIDENTIELLE 2027 : ILS SE BATTENT ENTRE EUX, LA FRANCE ATTEND


À six mois du scrutin, une chose frappe : on parle beaucoup des candidats, très peu des Français. Le premier tour aura lieu le 18 avril 2027, le second le 2 mai. Les candidatures s’empilent, à gauche, à droite, au centre, chez les « petits » comme chez les « grands ». Dès le printemps, des journalistes eux-mêmes le constataient : la multiplication des candidatures place au second plan la nature des projets.

Tous prêchent la même chose. La France insoumise, le Rassemblement national, Les Républicains, les macronistes, et même les socialistes : chacun promet de « redresser la France », chacun accuse l’autre de l’avoir abîmée. Même une journaliste, Natacha Polony, s’est déclarée candidate le 14 octobre sur France Inter, et rejoint le cortège. Les visages changent, le discours reste.

Une démagogie permanente. Tous promettent tout à tout le monde, sans jamais dire comment ni avec quel argent. Et quand ils ne promettent pas, ils se battent entre eux comme des chiens — entre partis, et même dans leur propre camp, pour savoir qui sera le candidat.

Blanc bonnet et bonnet blanc. Regardez leurs meetings. Tout est soigné pour la photo : on place au premier rang des visages choisis pour montrer qu’on parle à toutes les origines, à toutes les communautés. C’est de la vitrine. Une fois les caméras parties, ces Français-là retrouvent les mêmes problèmes que les autres. Chacun découpe la France en morceaux et promet à chaque morceau ce qu’il veut entendre. Ce n’est pas un projet pour le pays, c’est une addition de clientèles. Et dès qu’un sujet fait du bruit, ils se jettent tous dessus : une phrase choc le matin, le soir tous les autres répètent la même chose, un peu plus fort. On ne cherche pas la solution, on cherche le micro.

La misère qu’on ne veut pas voir

Les jeunes. Étudier en France est devenu un combat. Selon l’association Cop1, 51 % des étudiants disent ne pas boucler leurs fins de mois, et 44 % disent pouvoir basculer dans la pauvreté. En 2024, plus d’un tiers des étudiants disaient sauter des repas faute d’argent. Un collectif de plus de 200 jeunes de 18 à 29 ans, réuni à l’initiative d’Aix-Marseille Université, décrit un fort sentiment de déclassement. Une jeunesse qui doute de son avenir ne demande pas des slogans : elle demande de la sécurité dans son devenir.

Les travailleurs. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC net est d’environ 1 478 € par mois pour un temps plein. Avec ça, il faut se loger, se nourrir, se déplacer, élever ses enfants. Et on explique aux Français qu’ils doivent « faire des efforts ».

Le pouvoir d’achat, encore rogné. Pour s’en sortir, beaucoup de familles commandent de petits colis en ligne, en Chine ou ailleurs. Depuis le 1er juillet 2026, l’Europe taxe ces colis de moins de 150 € : 3 € par catégorie d’article. Et à partir du 1er novembre, s’ajoutent 2 € de frais de traitement : 5 € de plus sur un petit colis. Officiellement, il s’agit de protéger les commerces français, allemands et européens de la concurrence. En réalité, c’est le peuple qui paie la facture. On nous explique que cela ne pèsera pas sur le pouvoir d’achat. Mais ce sont toujours les plus modestes qui paient.

Les retraités. Fin 2024, la pension moyenne était de 1 752 € bruts, soit 1 626 € nets par mois — à peine plus que le SMIC. Pour les femmes, c’est pire : leur pension moyenne est inférieure de 37 % à celle des hommes. En 2026, les pensions de base n’ont été revalorisées que de 0,9 %, alors que l’inflation atteignait 2,4 % en mai. Des retraites gagnées durement, toute une vie, et qui fondent.

Et eux ? En moyenne, un ancien député touche 3 052 € de retraite, presque le double du retraité français. Quant à l’indemnité d’un député, elle est de 7 493,30 € par mois. Ceux qui demandent aux Français de vivre avec 1 500 ou 2 000 € ne vivent pas comme eux.

Cinquante-deux ans. Le dernier budget de l’État en équilibre date de 1974. Depuis, les gouvernements passent, les dettes restent, les mêmes promesses reviennent à chaque élection. Le problème n’est pas seulement les personnes : c’est un système où le pouvoir se joue tous les cinq ans, d’en haut, entre quelques-uns.

La France n’est pas seule : toute l’Europe gronde

Ce que vit la France, toute l’Europe le vit. De la France à la Belgique en passant par l’Italie, la colère sociale gagne le continent, portée surtout par une jeunesse exaspérée par la vie chère, la crise du logement et l’effondrement des services publics. En Italie, à Rome, Milan, Florence ou Gênes, les jeunes sont descendus dans la rue le 16 octobre contre le manque de moyens pour l’école. À Madrid, enseignants et élèves ont manifesté le même jour, en pleine grève illimitée de l’enseignement public. Au Portugal, le 17 octobre, de Porto à Lisbonne jusqu’à Faro, les manifestants ont planté leurs tentes en pleine ville contre les loyers trop chers et la perte de pouvoir d’achat : les prix des logements y ont plus que doublé depuis 2017, et beaucoup de jeunes sont obligés de rester chez leurs parents. En Belgique, les lycéens ont rejoint la contestation contre les mesures d’austérité. Jusqu’en Albanie, des milliers de personnes se sont rassemblées à Tirana.

Le plus frappant : beaucoup de ces jeunes Européens se sont inspirés du mouvement des lycéens français. Partout, le même cri : ils en veulent à une classe politique qui ne les écoute pas, et une grande partie de la population ne se sent plus représentée du tout.

Mais attention : la colère seule ne construit rien. À Paris et Marseille, des manifestations ont dégénéré, avec des pillages et plus de 2 400 interpellations. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a condamné ces violences, tout en s’inquiétant aussi de l’usage excessif de la force par les autorités. Casser une vitrine ne change pas un système. S’organiser, si.

C’est toute la leçon de la Serbie.

La preuve vient de Serbie

Dimanche 25 octobre, la jeunesse serbe a fait ce que personne ne croyait possible. Sans soutien des médias, sans tête d’affiche, avec surtout des candidats de la société civile, la Liste étudiante a largement remporté les législatives, mettant fin aux quatorze ans de règne d’Aleksandar Vučić. Juste avant le vote, les sondages donnaient encore 44,5 % aux étudiants contre 42,7 % pour la liste de Vučić. Résultat : environ 140 sièges sur 250, avec une participation inédite depuis la chute de la Yougoslavie. Vučić a reconnu sa défaite le soir même.

Comment ? Pas avec un parti, ni avec un chef. Les étudiants se sont organisés en assemblées dans chaque faculté, où chacun pouvait venir, proposer, débattre et voter. Puis ils ont appelé les citoyens à faire de même : plus d’une centaine d’assemblées de quartier sont nées dans tout le pays. Ce que la jeunesse serbe a fait, la jeunesse française peut le faire.

La démosciocratie : rendre le pouvoir à tous

La démosciocratie part de la même idée : le pouvoir vient d’en bas. Pas de partis, pas de politiciens de carrière. La France est organisée en 352 territoires de 20 districts, soit 7 040 districts. Dans chaque district, on tire au sort un représentant du peuple et un représentant des métiers et activités. Ils forment le Conseil du Territoire, 40 membres, moitié peuple, moitié corporations. Des deux Chambres nationales, la Chambre du Peuple et la Chambre des Corporations, sortent les lois. L’équipe dirigeante exécute, et peut être révoquée.

Les représentants gardent leur métier. Ils siègent deux ans, ne peuvent revenir avant quarante ans, et ne touchent que l’indemnité correspondant au temps consacré. Chacun déclare son patrimoine avant et après sa mission. Aucun prince de la République : celui qui sert la collectivité n’en tire aucun privilège.

Et ce n’est pas qu’une affaire française : la démosciocratie s’adapte à chaque pays, à sa population et à sa géographie, en gardant les mêmes principes. Ce qui gronde dans toute l’Europe peut trouver là sa réponse.

Le jeune étudiant, l’ouvrier au SMIC, le paysan, l’artisan, la retraitée qui compte ses euros : chacun peut un jour siéger et décider. Personne n’est courtisé, parce que chacun décide. Personne n’est oublié, parce que chacun a sa place.

Je n’ai pas de parti. Je ne roule pour aucun candidat. Je ne travaille que pour la jeunesse, les paysans, les anciens, les artisans, les ouvriers, les étudiants — pour tous ceux qu’on oublie entre deux élections.

Avant de voter pour un nom, demandons-nous qui décidera vraiment. Ralliez la démosciocratie : le débat est ouvert à tous.

LIBERTÉ — ÉGALITÉ — VÉRITÉ

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